Tête
Tête
(1992-1999)


Peintres

François Dilasser

France
Finistère

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Dilasser est un peintre hors normes en ceci qu’il résiste au positionnement historiciste autant qu’aux parentés contemporaines. Quand il s’engage véritablement dans la peinture, au début des années soixante-dix, c’est muni de références aussi diverses que les peintres italiens de la première Renaissance, Gauguin, Picasso et Matisse, Klee, Bissière et quelques Français de cette époque, puis les Américains assez rapidement. Au temps du conceptualisme et des remises en cause de la peinture, il pose avec patience et opiniâtreté sa propre manière, ses formes et la nature générale de son rapport au monde, en tout premier lieu celui de son environnement géographique.

Dès 1973, il alterne l’usage d’une forme unique qui emplit la surface du tableau et ce quadrillage vibrant dans lequel elle se démultiplie et se décline. Déjà figure et paysage, sur leurs marges extrêmes, se disputent l’attention de l’œil. Les contre-formes, issues de la science ancienne des intervalles, plus que les objets identifiés dotent le plan de toute sa complexité, des multiples possibilités de la circulation qui s’y opèrent.

Les œuvres de la collection du Frac appartiennent à cette période où l’espace se constitue dans la tension discrète du trait, dans un chromatisme sur le mode mineur. L’une, Horizontales sur fond gris+bleu, tire au paysage architecturé comme souvent chez lui. S’y placent des traits de couleur plus affirmés, prémisses de tonitruances à venir. La seconde Sans titre, 1982, offre l’exemple de ces contre-formes que j’évoquais à l’instant où s’inscrivent des figures déjà goguenardes, le paysage et l’architecture toujours présents. La troisième Sans titre, 1983, est un petit triptyque à révélation lente.

Par la suite, Dilasser a libéré sa palette et ses formes dans des œuvres de plus en plus variées quoique souvent réalisées par ensembles. Franches figures, tutélaires autant que tragi-comiques, paysages affirmés et cependant irréductibles au pittoresque, couleurs emportées jusqu’à la violence de la saturation ; affirmation de plus en plus nette d’une voie(x) propre, d’une liberté patiemment conquise et crânement revendiquée.

J-M. Huitorel, in Panoramas, la collection du Frac Bretagne, 1981-1996.


Bibliographie succincte :

François Dilasser, peintures et œuvres sur papier, Rennes. Musée des beaux-arts, 1986

Daniel Dobbels, François Dilasser, Les carnets de dessin, Quimper. Ed. Calligrammes, 1991

François Dilasser, Brest. Galerie La Navire, 1992

François Dilasser, Les Sables d’Olonne. Le Temps qu’il fait, 1996, Cahiers de l’abbaye Sainte Croix : n°80.

François Dilasser, De tête et de main, Douarnenez. Atelier d’art, 1998

René Le Bihan, Dilasser, Quimper. Ed. Palantines, 1999
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