The Utmost Ease
The Utmost Ease
acrylic and spray paint on canvas
2015

32 x 32 cm

- 1500€ Disponible -

Peintres

Fred Michiels

Belgium
Namur

fredfred@fredmichiels.be
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Quel iconoclaste, ce Fred Michiels !

C’est la première pensée qui me vient pendant que je feuilletais le petit livre que Fred m’avait envoyé en me demandant d’écrire un texte sur son travail.

Le petit ouvrage broché main, publié en édition limitée sur 50 ex et imprimé sur papier sexy, s’intitule « How I (mis)use my paintings / A victim of his talent».
Il rassemble des œuvres que Fred a peintes de 2006 à 2013, et dont certaines vont servir de base à la création de sept tapis noués à la main par un atelier népalais, qui seront livrés au début de l’été.

Cette série de tapis forme un cycle d’œuvres dont le titre (provisoire ?) est : « Une maison, modeste, qui serait une première mise en place de mon environnement artistique ».

Michiels peint des scènes érotiques avec des couleurs de bonbons acidulés ; on l’entend rire à gorge déployée dans ses portraits d’Albert Einstein et de Luc Tuymans.
Il reprend une œuvre classique et lui ajoute une robe rose pour lui enlever son aura. Clin d’œil à Marcel Duchamp, qui n’hésita pas à désacraliser la Joconde en l’affublant d’une fine moustache …

Cette approche, le culot avec lequel Michiels aborde son sujet et décape l’œuvre d’art jusqu’à la trame, me rappellent Marcel Duchamp, mais aussi Bjarne Melgaard, un artiste contemporain qui ajoute les textes à connotation sexuelle d’un écrivain fictif, Rod Bianco, à des peintures victoriennes classiques. Cette révolte et ce désir de provocation traduisent le malaise de ces deux artistes devant l’intellectualisme et les pompes du monde artistique « officiel ». Duchamp et Melgaard sont tous deux des artistes « conceptuels », pour qui le concept prime sur la forme, bien que Duchamp ait dépassé Melgaard qui, lui, ne renonce pas à la peinture.
Tout comme Michiels, d’ailleurs : la jouissance de l’acte de peindre éclate dans chacune de ses œuvres.

L’appétit de vivre et l’émerveillement présents dans l’œuvre de Fred Michiels en font tout l’intérêt. Plus qu’avec la tête, Fred peint plus avec le cœur, avec le ventre et même, le bas-ventre …
Michiels comprend que c’est l’émotion, le sentiment, et non l’intellect, qui touchent le spectateur. Cette émotion, il la jette sur la toile, sans retenue, sans crainte de dévoiler sa vulnérabilité.

D’aucuns pourraient réduire l’œuvre de Fred Michiels à la représentation de scènes érotiques.
Mais ce serait méconnaître sa profondeur ; car le mal de vivre sourd de chaque toile, tapi sous les Mickeys et la beauté des corps de jeunes femmes.

Le style de Michiels est négligemment réaliste ou plutôt, volontairement gauche. Il ne peint que le strict nécessaire. L’homme devient silhouette, et l’être humain se réduit à quelques traits, un croquis de marionnette. La facture est celle d’une bande dessinée, ébauchée rapidement mais avec une sûreté infaillible dans le geste.

En fait, ses personnages sont des archétypes. L’homme et la femme.
La femme, enchaînée au rôle que l’homme lui a dévolu, représentée comme la voit l’homme moyen : séductrice, objet de désir, femme fatale.
L’homme, lui, domine. Il est fort, viril, musclé, tel que les femmes aiment à le voir. Du moins le pense-t-il.

Michiels décline ces données en un jeu subtil et nous montre un monde tellement simplifié qu’il nous fait éclater de rire.
Il nous offre ce que nous voulons voir, ou ce qu’il croit que nous voulons voir.
En cela, il est vraiment un peintre conceptuel. Mais, pour notre plus grand bonheur, un peintre conceptuel plein de bravoure, plein d’humour.

Lennard Dost 2011. Groningen 2011
Dost est curateur et critique d’art
Adaptation française : René O et Hélène Keufgens
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